L’informe. Mode d’Emploi

“The history of modernism is most often presented as that of a gradual mastery of form. But one can imagine a counter-story that would emphasize the way in which the form has been systematically dislocated in all its aspects – beauty, concept, order, meaning. It is more than a half century that George Bataille has envisaged such a scenario he called “l’informe”, this term being considered as having a task to perform rather than a meaning.”


“…il est une troisième voie d’accès au champ esthétique de la modernité. Rien ne la désigne mieux que le terme d’informe, dans l’acception que lui a donnée Georges Bataille en 1929 : l’informe est une opération qui consiste à déclasser, au double sens de rabaisser et de mettre du désordre dans toute taxinomie, afin d’annuler les oppositions sur quoi se fonde la pensée logique et catégorielle (forme et contenu, mais aussi forme et matière, intérieur et extérieur, etc.)
L’objet de cette exposition n’est pas le moins du monde de s’interroger sur les rapports que Bataille entretenait avec l’art, mais plutôt d’explorer les usages possibles de la pensée de l’informe dans une lecture de la production artistique de ce siècle, l’accent étant mis sur la période 1930-1975.
L’exposition est organisée en quatre sections, chacune centrée autour d’une opération contrariant directement une exigence de la thèse moderniste :

1) L’horizontalité s’oppose au postulat selon lequel l’art s’adresse au seul sens de la vision, et donc à l’homme érigé face à un champ visuel vertical.
2) Le battement s’oppose à l’exclusion moderniste de la temporalité dans le champ visuel.
3) Le “bas matérialisme” (expression empruntée à Georges Bataille lui-même) répond à la vieille antinomie aristotélicienne selon laquelle la matière n’existe pour l’homme qu’in-formée, que mise en forme.
4) Le concept d’entropie

Dans chaque section, une oeuvre contemporaine (imposante par sa taille) atteste de la persistance de “l’informe” dans l’art contemporain d’aujourd’hui. (Mike Kelley pour la première section, James Coleman pour la seconde, Cindy Sherman pour la troisième, Allan McCollum pour la dernière)
La lecture de l’art moderne par le biais de l’informe permet de réexaminer certaines oeuvres-clefs de la modernité ayant fait l’objet d’un refoulement sublimatoire, de remettre en circulation certaines oeuvres négligées de grands artistes et de mettre en avant certaines productions marginalisées. L’exposition en elle-même n’est pas exhaustive mais propose une nouvelle grille de lecture qui pourra s’appliquer plus tard à de nombreux autres objets.”

Text: Bois Yve-Alain, Krauss Rosalind. pp. 251; hardcover. Publisher: Centre Georges Pompidou, Paris, 1996.

ISBN: 9782858508396| 2858508399

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“The history of modernism is most often presented as that of a gradual mastery of form. But one can imagine a counter-story that would emphasize the way in which the form has been systematically dislocated in all its aspects – beauty, concept, order, meaning. It is more than a half century that George Bataille has envisaged such a scenario he called “l’informe”, this term being considered as having a task to perform rather than a meaning.”


“…il est une troisième voie d’accès au champ esthétique de la modernité. Rien ne la désigne mieux que le terme d’informe, dans l’acception que lui a donnée Georges Bataille en 1929 : l’informe est une opération qui consiste à déclasser, au double sens de rabaisser et de mettre du désordre dans toute taxinomie, afin d’annuler les oppositions sur quoi se fonde la pensée logique et catégorielle (forme et contenu, mais aussi forme et matière, intérieur et extérieur, etc.)
L’objet de cette exposition n’est pas le moins du monde de s’interroger sur les rapports que Bataille entretenait avec l’art, mais plutôt d’explorer les usages possibles de la pensée de l’informe dans une lecture de la production artistique de ce siècle, l’accent étant mis sur la période 1930-1975.
L’exposition est organisée en quatre sections, chacune centrée autour d’une opération contrariant directement une exigence de la thèse moderniste :

1) L’horizontalité s’oppose au postulat selon lequel l’art s’adresse au seul sens de la vision, et donc à l’homme érigé face à un champ visuel vertical.
2) Le battement s’oppose à l’exclusion moderniste de la temporalité dans le champ visuel.
3) Le “bas matérialisme” (expression empruntée à Georges Bataille lui-même) répond à la vieille antinomie aristotélicienne selon laquelle la matière n’existe pour l’homme qu’in-formée, que mise en forme.
4) Le concept d’entropie

Dans chaque section, une oeuvre contemporaine (imposante par sa taille) atteste de la persistance de “l’informe” dans l’art contemporain d’aujourd’hui. (Mike Kelley pour la première section, James Coleman pour la seconde, Cindy Sherman pour la troisième, Allan McCollum pour la dernière)
La lecture de l’art moderne par le biais de l’informe permet de réexaminer certaines oeuvres-clefs de la modernité ayant fait l’objet d’un refoulement sublimatoire, de remettre en circulation certaines oeuvres négligées de grands artistes et de mettre en avant certaines productions marginalisées. L’exposition en elle-même n’est pas exhaustive mais propose une nouvelle grille de lecture qui pourra s’appliquer plus tard à de nombreux autres objets.”

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