Henri Matisse / Ellsworth Kelly. Dessins de Plantes

Matisse, dès 1900 et précisément pendant les années 40, Kelly, dès 1949 et jusqu’à maintenant, choisissent avec assiduité de dessiner au trait des végétaux. Chacune de ces démarches, tout en présentant d’intenses affinités, ouvre des horizons formels spécifiques – une esthétique du décoratif proliférant pour le Français, un formalisme de l’abstraction monumentale pour l’Américain – que l’exposition se donne pour but de faire dialoguer intimement l’un avec l’autre. Les liens intimes entre les dessins de fleurs et de feuilles de Matisse et d’Ellssworth Kelly se retrouvent dans : – le même principe de la série, où chaque oeuvre vaut à la fois en soi et comme moment d’un processus d’approche infinie, infiniment recommencée, – la même pratique du dessin au trait, qui architecture puissamment la feuille de papier, dont la blancheur devient un élément de l’expression dessinée, – la même extrême sensibilité d’une ligne qui enregistre les moindres inflexions de la forme naturelle, ses aspérités, ses imperfections. L’exposition donne aussi à voir ce qui constitue les diférences entre les deux artistes. Matisse part d’études très réalistes, attentives aux moindres détails de la forme visible : nervures de feuilles, imbrication des tiges, etc. Il explore toutes les potentialités du dessin dans des variations presque abstraites : le motif se transforme en un jeu d’arabesques libres, étonnamment déliées. Pour Kelly, au contraire, l’observation sur le motif menée dans ses premiers dessins de plantes en 1949, vaut en tant que rendu objectif de la réalité. Cette observation est toute entière orientée sur la recherche de la forme, recherche qui rêve de se dépouiller des tentations de l’expression subjective. Ses “Plant Drawings” des années 60 et 80 acquièrent une valeur de modèle : du plus complexe au plus simple, ils permettent au trait de dessiner une trajectoitre linéaire où se conjuguent l’évidence d’une présence vivante et la pure liberté d’une structure formelle.

Text: Chassey Éde, Labrusse Rémy. cm 20×24; pp. 192; 152 ills.; paperback. Publisher: Gallimard, Paris , 2002.

ISBN: 9782070117154| 2070117154

 140,00

ID: AM-6976

Product Description

Matisse, dès 1900 et précisément pendant les années 40, Kelly, dès 1949 et jusqu’à maintenant, choisissent avec assiduité de dessiner au trait des végétaux. Chacune de ces démarches, tout en présentant d’intenses affinités, ouvre des horizons formels spécifiques – une esthétique du décoratif proliférant pour le Français, un formalisme de l’abstraction monumentale pour l’Américain – que l’exposition se donne pour but de faire dialoguer intimement l’un avec l’autre. Les liens intimes entre les dessins de fleurs et de feuilles de Matisse et d’Ellssworth Kelly se retrouvent dans : – le même principe de la série, où chaque oeuvre vaut à la fois en soi et comme moment d’un processus d’approche infinie, infiniment recommencée, – la même pratique du dessin au trait, qui architecture puissamment la feuille de papier, dont la blancheur devient un élément de l’expression dessinée, – la même extrême sensibilité d’une ligne qui enregistre les moindres inflexions de la forme naturelle, ses aspérités, ses imperfections. L’exposition donne aussi à voir ce qui constitue les diférences entre les deux artistes. Matisse part d’études très réalistes, attentives aux moindres détails de la forme visible : nervures de feuilles, imbrication des tiges, etc. Il explore toutes les potentialités du dessin dans des variations presque abstraites : le motif se transforme en un jeu d’arabesques libres, étonnamment déliées. Pour Kelly, au contraire, l’observation sur le motif menée dans ses premiers dessins de plantes en 1949, vaut en tant que rendu objectif de la réalité. Cette observation est toute entière orientée sur la recherche de la forme, recherche qui rêve de se dépouiller des tentations de l’expression subjective. Ses “Plant Drawings” des années 60 et 80 acquièrent une valeur de modèle : du plus complexe au plus simple, ils permettent au trait de dessiner une trajectoitre linéaire où se conjuguent l’évidence d’une présence vivante et la pure liberté d’une structure formelle.